webleads-tracker

+33 1 34 30 80 30

Datacenter modulaire or not datacenter modulaire ? That is the question.

Laissons Schakespeare reposer tranquillement et venons-en aux faits.

Le recours à une solution modulaire, dans laquelle la mise en service du datacenter vient couvrir par des modules les besoins au fur et à mesure qu’ils se font jour, présente bien des avantages. Elle peut s’opposer à une solution classique de construction en dur, mais également en compléter l’utilité en créant un maillage territorial plus dense venant répondre à des contraintes techniques et réglementaire, comme dans le cas du déploiement de la 5G (un centre de données relai tous les 200 km à minima, 80 pour certains opérateurs). Une architecture en HUB devient alors logique, avec un traitement local dit « métier » de la donnée (IoT, applicatif) et un traitement distant, ou plus exactement un retraitement distant, des données (analyse, big data…)

La multiplication récente des offres dans le secteur modulaire, et les promesses sans cesse plus nombreuses faites par les acteurs qui les portent, nous incitent à faire deux pas de côté et à vous proposer le point de réflexion suivant.

Qu’est-ce donc qu’un Datacenter modulaire ?

Rappelons d’abord ce qu’est un Datacenter, tel que le définit le comité européen de normalisation par exemple : une structure, ou groupe de structures, dédiée à l’hébergement centralisé, l’interconnexion et l’exploitation des technologies de l’information et de télécommunications en réseau fournissant des services de stockage, traitement et transport de données avec tous les équipements et infrastructures pour la distribution d’énergie et le contrôle environnemental de résilience et de sécurité nécessaires pour fournir la disponibilité de service souhaitée.

Ouf ! tout y est, mais c’est un peu aride, convenons-en.

On parle ensuite de modulaire quand le datacenter est construit via des modules qui viennent s’additionner au cours du temps pour développer l’infrastructure. Chaque module est indépendant techniquement de ceux qui l’ont précédé, ce qui donc n’impacte pas le niveau de service de l’existant, et permet en outre d’avoir de la flexibilité dans le planning d’investissement. Encapsulé dans un container de 20 ou 40 pieds étanchéifié, ou même un caisson frigorifique très isolés, la brique de base d’un datacenter modulaire se dépose partout car il a une faible empreinte foncière.

La notion de « modulaire » va toutefois recouvrir des offres et des produits bien différents selon les métiers. Les architectes, les bureaux d’études et les grands de la construction vont se faire une spécialité de livrer des « modules » de datacenter complet avec les espaces d’hébergement eux-mêmes et tous les lots techniques intégrés, par tranche de surface IT considérée. Ces « tranches » de Datacenter ont-elles-mêmes évolué, en voyant leur taille grandir pour passer de 40 à 1000 mètres carrés IT en moyenne, pour une meilleure rentabilité à l’utilisation.

Pour les équipementiers et leurs partenaires distributeurs à l’inverse, on revient à la définition qui précise les différentes composantes d’un Datacenter : chacune de ces composantes est susceptible d’être conçue et livrée en container ou module. On verra donc un emboitement de container qui porteront tour à tour la fonction d’alimentation et de distribution et de sécurisation de l’énergie, celle du refroidissement, du câblage et de la connectivité, les fonctions de monitoring et de pilotage, et enfin les modules de surfaces IT pré-urbanisées pour viser une densité maximale des équipements et les meilleurs niveaux de services.

Les avantages de ce type de solution sont nombreux, comme les raisons d’y recourir.

Classiquement cependant, le premier argument et le plus important est la fameuse « bottom line » : le montant des investissements initiaux. On parle en effet, hors équipement IT, de solution à 300 000 € / 350 000 €. Dans le cas du modulaire ce dernier est moindre, puisque l’on va construire le datacenter par ajouts successifs, qui viendront calquer la demande et les besoins constatés. On évite le risque d’un bâtiment durablement surdimensionné, dont les frais de structure et de fonctionnement ne seront pas justifiés par l’activité réellement présente. Selon les calculs et le type d’offre considéré, le delta financier peut ainsi être de l’ordre de 15%.

D’autres arguments militent en faveur du modulaire.

Ainsi sa flexibilité, et sa capacité de mise à l’échelle financier influent également sur l’attractivité commerciale. Un développement par module permet de faire varier les niveaux d’équipement et de service de chaque module considéré, pour satisfaire les besoins spécifiques à un client particulier, par exemple, ou pour répondre aux besoins de positionnement des petites surfaces d’hébergement à proximité de points de communication ou de centres d’activités. Ce besoin peut être particulièrement prégnant pour les collectivités territoriales ou les déploiements en milieux peu aménagés (livrer un ou des containers au milieu de la jungle ou du désert est toujours plus facile que d’y construire un bâtiment).

Par conséquent, les solutions modulaires permettent un déploiement plus rapide que la création et la construction d’un Datacenter en partant d’une feuille blanche et d’un terrain. Concrètement de la commande à la mise en production il peut ne s’écouler que 4 mois. Cette rapidité de mise en œuvre peut être clef pour un acteur ou un utilisateur pour qui la notion de « time to market » est stratégique. Rappelons qu’il est plus facile d’obtenir un permis de construire pour une dalle béton, que pour un bâtiment de 2000m2. A l’inverse il est difficile d’installer en une fois 200 baies en datacenter modulaire et rien ne remplacera la collocation et le datacenter en dur pour cela.

Technologiquement enfin, le recours à du modulaire peut permettre un cycle d’adoption plus rapide des meilleurs technologies et équipements disponibles, mais aussi permettre d’évoluer vers de la haute densité. La courbe de production IT est désormais décorrélée de la courbe de consommation énergétique, l’évolution vers la haute densité peut être un élément de rentabilité accrue. Par exemple pour réaliser un POC (proof of capacity) avec du matériel spécifique comme des baies de refroidissement en bain d’huile, peut être réalisé en container pour ne pas perturber l’exploitation du bâtiment principal (notre photo)

Pour pertinent qu’il puisse sembler être, le recours au modulaire connait quand même quelques limites.

Première d’entre elles, l’emplacement : le modulaire a tendance à avoir un encombrement spécifique, peu favorable à l’insertion dans des bâtiments déjà existants qui seraient mal agencés. Faible hauteur sous plafond, présence de piliers de soutien, salles petites ou de formes complexes sont autant d’éléments rédhibitoires. En milieu urbain l’accès au foncier est toujours un sujet, et quand ce foncier existe son coût peut être un problème, comme l’acceptabilité sociale d’un déploiement. Mais cette contrainte est encore plus vraie pour un centre de données plus classique ! De sorte que le DC modulaire permet d’envisager plus sérieusement l’installation de micro datacenters en zone urbaine.

Une autre limite est un corolaire à l’activité même : opérer un datacenter – qu’il s’agisse d’une infrastructure dédiée à la colocation neutre, ou au contraire d’une infrastructure au sein d’une entreprise pour ses besoins propres – c’est toujours gérer la complexité. Et quelques soient les percées technologiques, qui sont importantes et régulières dans notre domaine, il faut avoir un plan pour organiser leur utilisation de manière efficace sur un temps « long » (horizon de 5 à 10 ans). Pour une société de services comme Stephya, le déploiement d’un réseau de micro-datacenters implique le déploiement de nombreuses agences en région pour rapprocher le service de son point de délivrance.

Et là ce n’est plus de technique dont il s’agit, mais de stratégie bien conçue, et bien appliquée, en fonction des besoins présents et à venir. C’est pourquoi, si vous avez des questions sur le sujet, nous vous invitons à prendre contact avec nous par courriel à l’adresse : contact@stephya.fr

Comments are closed.