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En avoir ou pas ? Les PDU managés

Un débat agite notre petit Landernau, il concerne les PDU managés, ces « Power Distribution Units » qui permettent de déclencher à distance la mise hors alimentation des matériels et des équipements connectés.

Le débat souvent vif qui oppose les « pour » et les « contre » ne mérite sans doute pas la passion qu’y mettent les contradicteurs, ni ne justifie d’ailleurs les budgets communication qu’y investissent les équipementiers, encore que ce dernier point soit le moins assuré des deux.

Nous allons pourtant nous y attarder, car au-delà des considérations techniques qui sont assez faciles à synthétiser nous le verrons, ce débat est significatif de certains erreurs commises par des responsables d’exploitation de datacenter.

Techniquement, ces PDU managés sont le plus souvent des interrupteurs différentiels, pilotables à distance donc, et couvrent la fonction d’alimentation (mise en tension ou hors tension des équipements qui lui sont raccordés) et une fonction de sécurité et de protection physique des personnes, par déclenchement automatique en cas de de défaut d’isolement à la terre.

Ils vont être placés à l’intérieur des baies, et à minima au nombre de deux puisqu’il y aura là encore, le plus souvent, deux voies électriques distinctes. Ils seront connectés à un réseau IP, que l’on souhaitera Out Of Band pour segmenter les accès à ces périphériques qui doivent être considérés comme critiques.

On voit que tout l’avantage de ces dispositifs réside dans le management à distance des connexions courant fort pour les équipements, pouvant conduire à un gain de temps et économie de ressources humaines. Mais mesure t’on toujours bien ce que cela implique ?

Soyons clairs : recourir à des PDU managés implique d’avoir une gestion de configuration parfaitement exacte, sous peine de ne pas savoir ce que l’on met hors tension !! Pour ce faire, il est indispensable que les connecteurs sur les PDUS soient référencés, idéalement dans un DCIM.

De même pour la métrologie : si on ne sait pas très précisément quels équipements sont connectés à quel PDU, comment faire alors une répartition des consommations qui puisse être exacte pour la refacturation ? ou agglomérer l’ensemble des données pour en faire une base de connaissance – et donc de décision – exacte ?

Par ailleurs, le redémarrage électrique d’un équipement, n’aboutit pas toujours à la résolution de l’incident et en cas de non rétablissement du service après le redémarrage électrique, ceci impliquera de toute façon l’intervention un technicien en datacenter pour vérifier l’état de l’équipement, du câblage, réaliser une opération manuelle de remplacement de pièce et en synthèse être l’interlocuteur sur le terrain pour répondre à l’administrateur qui doit redémarrer le service applicatif.

Et encore n’avons-nous parlé que de nos infrastructures, en termes d’équipements et de matériels physiques : mais quid du parc applicatif, des machines virtuelles qui tournent sur tel ou tel serveur ? est-ce que l’audit applicatif est exact, et au-delà, que sait-on de la sensibilité de ce parc applicatif à une interruption ?

Au final, ce débat sur les PDU est porteur de sens pour la compréhension de nos métiers par ceux-là même qui les exercent : si notre engagement est d’abord celui de la disponibilité critique de la production IT, alors – et sauf rarissime excellence opérationnelle du datacenter, souvent promise, jamais atteinte – alors il faut comprendre le PDU managé comme un facteur de flou et de confusion, et donc un facteur de risque.

La valeur ajoutée d’un datacenter bien opéré est précisément d’avoir tout mis en œuvre pour réduire le risque, et sa survenue.

Pour picrocholin qu’il soit, le débat sur ce type d’alimentation vient donc redessiner une ligne de partage des eaux déjà ancienne, celle de la criticité des applicatifs posés au sein d’une infrastructure, et de la sensibilité au risque. En creux, c’est aussi la maturité des exploitants et leur propre compréhension de la mission qui est la leur qui va orienter les arbitrages.

Cela, et aussi la sensibilité …au prix. Car vu les prix à l’unité de ces dispositifs, un déploiement sur une salle revient vite plus cher qu’un audit matériel et applicatif sérieux, permettant la mise en place d’un DCIM et rapidement d’augmenter la qualité de la gestion d’exploitation. Mais c’est là un autre sujet.

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