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Homo Datacentrus ou l’humain au cœur des datacenters : importance stratégique ?

Si jongler avec trois balles n’est déjà pas à la portée de tout le monde, que dire des plus grands artistes qui présentent des numéros avec six et parfois sept objets, de tailles et de poids différents ? Et bien exploiter un datacenter s’apparente un peu à cet art, puisqu’il faut associer et faire fonctionner ensemble des compétences et des technologies très diverses. De l’ingénierie de conception à la construction et à l’équipement, il est crucial de ne commettre aucune erreur, car ces erreurs initiales se paient souvent fort cher, et tout au long du cycle de vie du datacenter. Pendant l’exploitation elle-même, il faudra orchestrer les prestations de génie électrique, de génie climatique, de connectivité et de réseau, de sécurité physique et de gestion des accès, de sécurité logicielle, de sécurité incendie, sans oublier toutes les activités de la maintenance, préventive ou corrective.… Un responsable d’exploitation, c’est un donc véritable chef d’orchestre au service de la continuité de la production IT qui lui est confiée, et qui comme le chef d’orchestre doit gérer l’ensemble des sous parties de l’orchestre en harmonie.

Pour compliquer un peu encore l’exercice, l’exploitation du Datacenter s’opère dans un cadre fortement changeant, avec des (r)évolutions très rapides. Dans les infrastructures elles-mêmes, c’est la montée vers la haute densité, le déploiement des diverses techniques de free cooling, l’arrivée du Edge computing, par exemple. Le marché et la demande sont eux travaillés par l’impact du Cloud, du Big Data, du Deep Analysis, ou encore de l’Internet des objets.

Dans cet environnement à la fois multi technique et perpétuellement changeant, quelle est donc l’importance de l’humain ?

Ces derniers mois ont vu, dans la presse la moins spécialisée comme dans les intitulés d’ateliers réalisés par tel ou tel acteur de la chaine de valeur, l’émergence d’un datacenter fantasmé qui serait autoadministré, autopiloté, qui s’autoaméliorerait et s’autoréparerait. Disons-le, il semble que ce datacenter-là peine à sortir de l’idéel de l’idée pure, pour arriver à l’idéal d’une infrastructure d’où l’homme serait absent.

Mais si une vision techniciste veut chasser l’humain du datacenter – ou peut le laisser croire – c’est que c’est le facteur humain qui est à l’origine de 70% des « noirs complets », des pannes totales avec extinction des serveurs, le cauchemar de tout propriétaire de datacenter ! Ce qui remet l’humain au cœur du sujet, et souligne paradoxalement l’importance extrême de son bon management.

Ce rappel d’une donnée connue souligne en effet que les compétences sont portées, et transformées en actions par des êtres humains.

C’est donc dire simplement la nécessité de la bonne compétence initiale pour tous les personnels intervenants en salles, mais aussi celle de son adaptation à un environnement spécifique, qu’il faut pouvoir appréhender et comprendre dans son ensemble.

L’activité d’un datacenter, pour les infrastructures dignes de ce nom, ce n’est pas seulement la production IT au service d’une ou plusieurs entreprises : l’ADN de l’activité c’est la criticité. Elle peut être plus ou moins élevée, selon la nature de l’activité IT, mais elle est la composante de nos métiers. Dans ce cadre chaque individu, porteur d’une ou plusieurs compétences qui lui sont propres, doit se comprendre comme intervenant dans une chaine de valeur plus large qui est au service de la continuité de la production.

Suivant le mot de saint Exupéry, la grandeur d’un métier est peut-être avant tout d’unir les hommes. Manager l’ensemble des personnels au sein d’un datacenter, même dans les fonctions de support, c’est vouloir s’assurer que tous auront le souci de la finalité de l’activité. La compréhension de l’objectif commun est ce qui soude les actions de tous, crée la vraie valeur, permet l’efficacité dans le présent et l’amélioration dans l’avenir, et fédère vraiment les compétences. Ce schéma est aussi ce qui permet à l’individu au travail d’avoir la mesure de sa propre utilité par celle de ses savoirs et actions : rien n’est jamais plus rassurant que de « savoir ce que l’on fait ».

En synthèse, et en guise de conclusion provisoire, l’humain reste donc un actif stratégique au cœur du datacenter, individuellement et collectivement. C’est lui qui porte les compétences indispensables et qui les met en œuvre concrètement. Et si c’est lui qui reste le facteur de risque le plus important, c’est aussi le seul à être le garant de la continuité d’exploitation. L’humain est le liant indispensable entre les services attendus et les technologies présentes. Les équipements seuls – eux – ne contractent pas, ne définissent pas de niveaux de services, et n’ont pas à s’acquitter des pénalités en cas de manquement aux obligations.

Dans mes échanges avec Stéphya j’ai pu percevoir toute l’attention portée aux humains. Les collaborateurs, pour des ordres de missions qui soient les plus clairs possibles tant dans le détail du geste à accomplir que dans son importance propre : tout n’est pas urgent, tout n’est pas critique, mais il faut savoir être très explicite quand c’est le cas. Les demandes clients sont variées, peuvent être parcellaires et incomplètes. Cette attention est aussi portée aux clients : chaque métier, chaque infrastructure et chaque équipe rencontrées se vivent comme uniques, et sont écoutées comme telles. Mettre en avant l’humain pour sécuriser l’exploitation, une attitude pas si commune dans des métiers aussi techniques que les nôtres !

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