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Les nouveaux métiers du datacenter

Jusqu’à un passé récent, l’exploitant de datacenter était le plus souvent l’administrateur d’une salle blanche qui avait fini par grossir.

Une salle gérée sans vision exacte de ce qu’il s’y passait, de ce qui y était produit, sans la mémoire des gestes techniques y ayant été effectués. L’administrateur était simplement passé au fil des années de la gestion d’un serveur à celle de 24 baies, ou plus.

Mais bien avant d’atteindre les 24 baies, la salle connaissait bon nombre d’incidents d’exploitation du fait même de l’absence de toute documentation, et donc de toute mémoire.

Cet « illus tempus » technologique, cet heureux temps d’avant, n’existe plus : l’exploitation d’un datacenter contemporain n’autorise plus une telle innocence, ou – parlons vrai – un tel laisser aller.

L’heure est à la professionnalisation des métiers du datacenter, un processus amorcé par les meilleurs exploitants depuis déjà quelques années, et en voie de diffusion rapide au sein de tous les acteurs de la filière. Le mouvement n’a rien de volontaire, il est plutôt subi. Il est toutefois irrésistible du fait de la criticité de plus en plus importante des applicatifs confiés aux datacenters et du poids économique de cette activité informatique sur laquelle repose 25% de notre P.I.B.

Historiquement, l’accès à internet est rapidement devenu une commodité, un quatrième fluide après l’eau, le gaz et l’électricité. Les entreprises et les particuliers ne veulent plus savoir pourquoi il y aurait une interruption de service, mais veulent du « always on », une disponibilité et une fiabilité totale.

Cette exigence de disponibilité s’est désormais étendue aux applicatifs : l’accès aux médias, les communications, les outils du SI des entreprises, les ressources métiers, la gestion des flux financiers, l’univers des jeux vidéo, etc… sont autant d’activités qui nous sont devenues critiques, au sens ou ne tolérons plus leur absence, même ponctuelle.

Face à cette exigence sans cesse accrue, de nouvelles fonctions et de nouvelles spécialisations sont apparues dans toutes les activités du numérique. Très récemment est apparu ainsi le « Data Scientist », un maillon clé dans le traitement de la donnée et dans la production de valeur. Avec le « Community Manager », mais aussi l’« UX manager », le « Chief Digital Officer », le « Growth Hacker » et le « Traffic Manager » , la liste commencent à s’allonger des métiers qui n’existaient pas il y simplement quelques années. L’évolution législative est aussi un des ressorts de la création de nouvelle activité. Ainsi le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) exige t’il la nomination d’un Délégué à la Protection des Données (Data Protection Officer – DPO).

Il faut pour ces nouveaux métiers un nouvel assemblage de compétences, soit de nouveaux besoins de formation, pour lancer de nouvelles carrières. Il se dit que plus de 30% des emplois de 2050 n’existent pas encore.

C’est aussi vrai – et sans doute encore plus ! – pour les datacenters, car les évolutions y sont à la fois plus rapides et plus nombreuses. Plus rapide car le volume des données à traiter est en augmentation constante, avec des facteurs de multiplication de la charge de travail que ne connait aucun autre secteur. On produira ainsi à l’échelle planétaire 163 Zeta octets de données en 2025 (contre 16 en 2016), soit 40 000 milliards de DVD ! Pour supporter un tel tsunami, et parvenir non seulement à stocker, mais aussi à déplacer et à analyser un tel volume, nos infrastructures sont en constante mutation, comme le sont les compétences requises et les hommes qui les expriment.

Avec une croissance de 8% par an pour notre filière, les nouveaux métiers sont ceux qui portent les bonnes pratiques et les nouvelles règles d’exploitation sans cet environnement en métamorphose perpétuelle, et qui concourent à toujours plus de professionnalisation.

Comme exemple de nouveau métier : le Delivery Manager (équivalent d’un responsable de production).

Sa fonction est d’être le centre de réception, de contrôle et de distribution de tous les matériels et équipements devant entrer en salle. Mais bien loin d’être passif, ce rôle est crucial pour pouvoir établir et tenir à jour une base de connaissance sur l’état de l’infrastructure. Une base de connaissance qui devient, si elle est parfaitement, intègre un outil d’aide à la prise de décision.

Le Delivery Manager est ainsi en charge de la supervision du Datacenter, et de la restitution de son état physique via chiffres et graphes. Il passe du rétrospectif au prospectif en fournissant en continu une analyse des coûts, des besoins, et permet au responsable d’exploitation d’avoir une vision capacitaire à 3, 6 ou 12 mois. C’est aussi sur la base de ses informations que seront organisées les opérations de maintenance prédictive.

Il faut comprendre que le DSI, qui n’est pas le pilote du datacenter, a généralement une vision très partielle de ce qui s’y passe. Trop souvent le datacenter est encore géré par des services généraux comme un centre de coûts, quand il est en fait un asset de tout premier plan pour la production de valeur, et pour sa continuité. Les nouveaux métiers du Datacenter – comme celui du Delivery Manager – sont ceux qui conduiront à une plus grande agilité, une plus grande adaptabilité, et une utilisation toujours plus économe et rationnelle de l’ensemble des ressources de l’entreprise.

Chez STEPHYA nous pensons que les acteurs en Datacenter qui sauront investir pour plus de visibilité et de maitrise seront les gagnants des compétitions en cours et à venir.

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