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THE EDGE N’EST PAS QUE LE GUITARISTE DE U2…

  THE EDGE N’EST PAS QUE LE GUITARISTE DE U2…

(Un datacenter EDGE est un datacenter comme les autres)

C’est la technologie « hype » du moment, et impossible d’y échapper si l’on s’intéresse si peu que cela soit au numérique : le EDGE est partout et de toutes les conversations. Et pour une fois, il n’est pas impossible que cela soit mérité : ce déport d’une partie des traitements IT en périphérie, et au plus près de la production de données elle-même, change vraiment radicalement certains business model. Propriété, déploiement, gestions des actifs, équilibre Opex/Capex, segmentation de marché sont autant de notions à revisiter sous l’impact de cette technologie.

Récemment c’est Vertiv qui y allait d’une publication enthousiaste, très pédagogique et très éclairante, pour rendre compte des enjeux derrière la technologie. Le classement – selon la sensibilité des applicatifs à la latence – donne une gradation qui court du MIST (pour les milliards d’objets bientôt connectés), passe par le EDGE (traitements IT en proximité), le FOG (distribution de contenu) puis au Cloud (datacenters hyperscales et deep analysis).

D’accord, ok, bien : nous croyons comprendre les enjeux et les perspectives.

Mais, sous l’angle « datacenter » – et au risque de passer pour des rabat-joie – nous serions tentés de dire que le EDGE, c’est …du datacenter comme un autre !

Expliquons-nous. La multiplication de datacenters de proximité, qui créent un échelon intermédiaire entre le local informatique et les grands datacenters hyperscales, voit la création d’infrastructures qui ont plus de points communs que de différences avec ces derniers.

L’un des ressorts de la performance de ces nouveaux datacenters reste par exemple leur efficacité énergétique. Elle est toujours la clé d’un coût total d’exploitation, et son impact reste premier sur Opex et Capex, quelque soit la taille, et même encore plus pour des infrastructures de taille restreintes. Et cela reste aussi le premier intrant, en valeur, de toute la production IT.

Les datacenters destinés au EDGE sont, comme leurs ainés qui les ont précédés, tout aussi sensibles à la vitesse de construction, d’équipement et de mise sur le marché. Loin de déboucher sur une innovation quelconque, cela renforce au contraire des tendances déjà quasi structurelles, celle de la standardisation de plus en plus accrue de la conception à la mise en œuvre, via la réalisation de modules et le recours à la préfabrication.

Le besoin d’une mise en œuvre rapide, avec des délais de livraison qui se comptent désormais en mois ou en semaines, pousse à des implémentations par lot, puis à des extensions successives en fonction du développement réellement constaté.

Le EDGE dans sa composante « datacenter » clone donc les solutions des grands hyperscales. Ce n’est d’ailleurs pas pour challenger ces derniers : les missions ne sont et ne seront pas les mêmes. C’est juste que dans une activité qui a horreur du risque, dupliquer les recettes qui marchent est un bon moyen d’éviter sa survenue.

Cependant, il est peut-être un domaine pour lequel le EDGE va avoir un impact positif, et nouveau, sur la filière datacenter : le pilotage. Car parmi les missions qui devraient classiquement échoir aux infrastructures EDGE, celles qui sont donc les plus dépendantes d’une latence faible, figurent les « Data intensives » pour gérer les données issues de l’Internet des Objets, la gestion de la Réalité Augmentée et du temps réel, tous les aspects du Machine to Machine, mais aussi les applicatifs critiques pour la vie même : santé et télémédecine ou télé-chirurgie bien sûr, mais aussi la gestion des drones ou celle des véhicules autonomes.

Ces applicatifs-là ne doivent pas faillir bien sûr, et les datacenters – même modestes en taille – qui vont les supporter devront être aux meilleurs standards en termes de gestion d’exploitation.

Par un paradoxe assez amusant, c’est le recours à une métrologie basée souvent sur des capteurs intelligents de type IoT, et à des outils d’analyse prédictive qui vont permettre d’atteindre ce meilleur niveau.

Les objets connectés dans les Datacenters EDGE vont être un élément déterminant dans la bonne gestion des tsunamis de données produits par les objets connectés hors de ces datacenters.  Et il y aura sans doute dans cette mise en abime quelque chose à apprendre pour tous, pour professionnaliser et fiabiliser encore la production IT. A suivre, donc.

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